Le Petit Train des Côtes-du-Nord - Un siècle de Bréhec & Lanloup

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Le Petit Train
Toutes les cartes postales sur lesquelles on peut voir le Petit Train circuler.
9 cartes (reprises d'autres collections) et 7 photographies

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Après la reprise par le Département de la concession du second réseau à la société des Chemins de fer armoricains (CFA), est formée une nouvelle société qui prend le nom de Régie départementale des Côtes du Nord en 1921. La mise en service des 19 km de la ligne Paimpol—Plouha débuta en 1922, le 11 juillet pour être exact (voir également la page sur le Viaduc). Cette date estivale correspond parfaitement à l'idée de cette ligne côtière, qui avait non seulement pour but de mieux couvrir le département et de faciliter le transport de marchandises, mais également de développer le tourisme.
C'est aussi pour cela que la ligne suit de près la côte afin que le train puisse déposer les voyageurs à côté des plages. Parfois, la ligne est tellement proche de la plage que certaines marées hautes peuvent recouvrir les rails, comme c'était le cas à Binic. Dans les années 20, sont même mis en place des trains supplémentaires les dimanches et durant l'été avec des billets «bains de mer » ! La station balnéaire de Bréhec connaît son essort dans les années 30, non seulement grâce à l'arrivée des congés payés en 1936, mais en grande partie grâce à cette ligne , qui a permis aux autochtones de se rendre pour la première fois au bord de la mer, alors qu'ils n'habitaient qu'à quelques kilomètres à l'intérieur des terres. À cet égard, les stations de Binic et Saint-Quay-Portrieux ont pareillement bénéficié de la ligne Saint-Brieuc—Plouha du premier réseau, les Briochins prenant l'habitude d'y venir passer la journée dès les beaux jours. En 1922, les locomotives à vapeur sont des Corpet-Louvet 030T (photo ci-contre, source inconnue; cliquer pour l'agrandir) prévues pour pouvoir tirer jusqu'à 10 voitures transportant un maximum de 720 passagers. En réalité, ce sont deux ou trois voitures passagers que l'on voit sur les vieux clichés, avec parfois un ou deux wagons couverts ou tombereaux pour les marchandises, ou encore un fourgon pour les colis et les bagages. Je vous invite à lire le PDF de l'édition spéciale réalisée par le Département pour les 100 ans du réseau, lien ci-dessous, pour en découvrir plus sur les années d'exploitation et le pourquoi de l'arrêt du réseau.

Au cours de l'exploitation de la ligne, plusieurs accidents eurent lieu, dont deux à Bréhec, heureusement sans gravité: le premier à l'arrêt de Bréhec, où le train 5 a tamponné le train 105 qui se trouvait à l'arrêt; le deuxième, un déraillement survenu au niveau de la passerelle de Pont Huon, celle où il est encore possible de voir quelques restes des piles. Vous pouvez agrandir les photos ci-dessous. Photo 1 (archives départementales), rapport d'accident du 13 août 1946. Photo 2 (archives départementales), rapport d'accident du 1er juin 1947. Photo 3 (cliché d'André Crance du 13/8/46), déraillement sur la passerelle de Pont Huon.
En ce qui concerne les carte postales et photos présentées ici, les cartes n⁰ 1 et 2 datent des années 20, tandis que la n⁰ 3 montre la « halte » de Bréhec en 1931. La différence entre une halte et une gare, comme celle de Lanloup, est que la première est conçue comme un simple embarcadère/débarcadère de voyageurs, sans vente de billets. Selon le Dictionnaire Culturel en Langue Française dans son édition 2005, la «halte est un point d'arrêt sur une ligne où le train ne prend que les voyageurs, sans que soit prévu un temps d'arrêt déterminé ». Cette halte était construite en brique et béton armé (ou sidéro-ciment dans le parler de l'époque), les voyageurs étant plutôt mieux lotis à Bréhec puisque qu'un bon nombre de petites haltes du réseau n'avaient qu'un simple abris rudimentaire en bois, peu protecteur contre les éléments. Les voyageurs prenant le train à Bréhec s'adressaient au receveur qui leur délivrait un billet écrit à la main avec son carnet à feuille carbone. C'est pour cela qu'il n'existe pas de billet de train en carton imprimé Bréhec comme point de départ.

Les cartes n4 et 5 furent éditées dans les années 70, à partir de clichés pris en 1956, par les Éditions Landouar de Saint-Quay et référencées au dos comme «31 décembre 1956, son dernier voyage ». Le dernier voyage fut bien effectué par une locomotive à vapeur, comme la vidéo ci-dessous le montre. Au cours des dernières années d'exploitation, le Petit Train n'est plus à vapeur. La Corpet-Louvet est remplacée par un autorail Renault ABH6 avec remorque Brissoneau et Lotz, comme présenté sur la carte n8, un cliché BVA du 1er mai 1955.

Les photographies n9 et 10 sont des clichés datés de juillet 1948 et pris par le photographe P. Laurent. Elles montrent la locomotive Corpet-Louvet 030T de 20,5 tonnes, sans doute lors de l'un de ses derniers voyages car l'autorail commence à circuler courant 1948. Je n'ai pas de référence d'éditeur pour le cliché n⁰ 11 montrant la traversée du viaduc vers Paimpol par l'autorail ABH6 dans les années 50, le dos est vierge de toute inscription. Les photographies n12 et 13 de l'autorail en gare de Lanloup datent d'août 1956 et sont des clichés estampillés Bazin. Enfin, on reconnaît sur la photographie n⁰ 14 la gare de Lanloup (cliché de Jean-Yves Rolland), une restauration magnifique terminée en 2006 par Hervé Cosse, dont l'entreprise de terrassement est située juste derrière.

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le Petit Train, les ouvrages recommandés sont:

Jacqueline Cantaloube, Il était une fois... le Petit Train des Côtes-du-Nord, ACFCdN, 2005 (ISBN 2-9511761-4-7)

Alain Cornu, Le Petit Train des Côtes-du-Nord, Cénomane, 1987 (ISBN 2-905596-22-8)

Laurent Goulhen, L'album du Petit Train des Côtes-du-Nord, AFCCnD, 2005 (ISBN 2-9511761-3-9)

ainsi que le hors-série n4 de mai 2005 du magazine Côtes-d'Armor, Un train nommé souvenirs... que vous pouvez consulter en cliquant ici, publié à l'occasion du centenaire du Petit Train des Côtes-du-Nord.

Il existe également un DVD de 2006 intitulé La grande épopée du Petit Train des Côtes-du-Nord, édité par l'Association des Chemins de Fer des Côtes-du-Nord, dont vous pouvez trouver le site Web en cliquant ici. Un extrait correspondant au dernier voyage est présenté dans la première vidéo ci-dessous, mise en ligne sur la page YouTube de l'association.

À ce propos, le musée de la Briqueterie à Langueux héberge du matériel roulant et présente un historique du Petit Train, en collaboration avec l'Association des Chemins de fer des Côtes-du-Nord (ACFCdN). Musée de la Briqueterie: 02 96 63 36 66, site Web ici.

Les deux fichiers graphiques ci-dessous présentent le tracé de la ligne PaimpolPlouha et sa traversée de Bréhec, des images sur lesquelles vous pouvez cliquer afin de les agrandir plus en détail. À partir du haut de l'escalier en béton qui amène à la plage de Bréhec, lorsque vous prenez le nouveau GR34 en direction du Vieux-Bréhec (le sentier originel se trouvait plus bas), vous vous promenez par endroits là où passait la ligne de chemin de fer. Au niveau du Vieux-Bréhec, il reste encore quelques vestiges des ouvrages d'art et du tracé de la ligne.

Enfin, je vous conseille de visionner les deux vidéos qui terminent ces commentaires, hébergées par la Cinémathèque de Bretagne, dont le site Web est ici. Sa mission est de collecter, restaurer, conserver et diffuser les films et vidéos, avec un fonds qui atteint aujourd'hui les quelques 32 000 documents. Si vous avez des films anciens et vous ne savez quoi en faire, ou n'êtes pas en mesure d'en faire des transferts sur un médium moderne, et bien vous savez maintenant où vous adresser !

Cliquer sur l'image du film pour être redirigé vers la page permettant de lancer le film. Si la première est entièrement consacrée au Petit Train, la deuxième comporte une section sur la démolition du Viaduc.


Extrait du DVD "La grande épopée du Petit Train des Côtes-du-Nord"
Détail de la traversée de Bréhec. Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Le tracé de la ligne Paimpol - Plouha. Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Et pour finir...
Je me fais le plaisir de vous présenter quelques babioles de ma collection que certains d'entre-vous n'ont peut-être jamais vues... des billets du Petit Train ! Le plus vieux date de 1929, tous les autres ayant été compostés en 1956, année d'arrêt du Petit Train. En avez-vous d'autres?
Cliquer sur un billet pour l'afficher en plus grande taille.


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