Le bourg de Lanloup - Bréhec & Lanloup en un siècle

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Le bourg de Lanloup
Pays de saint Loup et le 3ème plus vieux registre paroissial de France

Étymologie
Bourg appelé Lanleñv en breton (le "v" est une lettre d'exceptions qui ne se prononce pas derrière le "ñ", appelle parfois une prononciation en "ou", tandis qu'elle se prononce "f" en fin de verbe, et "o" en fin de mot !), l'étymologie de Lanloup est sans doute due à l'évèque de Troyes, Lupus, compagnon de saint Germain d'Auxerre qui se rendit en Grande-Bretagne au Ve siècle vers 448 pour y combattre l'hérésie pélagienne. Si ce Lupus ne laissa pas de trace notable en France, il semble que ce fut le cas chez les émigrants des Ve et VIe siècles. Saint-Loup devient donc l'éponyme de la petite paroisse de Lanloup (lann est le mot breton qui désigne un ermitage), que l'on retrouve mentionnée par écrit à cinq reprises entre 1252 et 1258 dans les chartes de l'abbaye de Beauport, et située sur le territoire septentrional de Plouha. La paroisse de Lanloup est également inscrite comme appartenant à l'évêché de Dol (Eskopti Dol) en 1263, et le restera jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Enfin, un acte de mariage de 1266 cite Roland de Lanlop (sans "u") comme son seigneur lorsqu'il épouse la fille de Geslin de Coëtmen.
Ci-dessus, dessin de l'église de Lanloup par Paul Chardin, 1885
Ci-dessous, photo © Le Coat


Sous la Révolution, le 17 janvier 1794 (28 nivôse an II), le district de Pontrieux en charge de la région, ayant ordonné le changement de nom des villages et villes dont les noms rappellent « le règne odieux de la féodalité et de la superstition », prend un arrêté conférant à Lanloup, ou Saint-Loup comme l'on disait indifféremment, le nouveau nom officiel de Lanmor (lan mor = lande mer), qui devient à cette occasion chef-lieu de canton. La même année, les maires sont désignés sous le terme «agent municipal». Voir la section sur les anciens maires de Lanloup infra. Sous l'Empire, Lanloup cesse d'être chef-lieu de canton le 9 août 1804 (22 thermidor an XII) et reprend son nom officiellement le 8 juillet 1814.
Géographie
En ce qui concerne la géographie de Lanloup, voici quelques données établies grâce à diverses sources, mais principalement celles de l'Insee. Je mettrai ici plus tard un paragraphe sur les différents quartiers de Lanloup. J'essaierai également de mettre en forme un paragraphe sur les anciens commerces de Lanloup, de l'après-guerre aux années 80 dans la partie historique.
Climat
Le climat de la région est qualifié de «climat océanique franc » selon la typologie officielle pour la France. La caractéristique principale de ce type de climat est d'être marqué par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante en raison des perturbations venant de l'Atlantique, avec une fréquence plus élevée d'octobre à février.
Pour la période 1971-2000, la moyenne annuelle de température s'établit à 10,9 ⁰C et le cumul annuel de précipitation est de 735 mm avec une moyenne maximum de 12,8 j de précipitation en janvier et minimum de 6,5 j en juillet.
La station météorologique la plus proche de Bréhec-Lanloup se trouve à Lanleff, mise en service en 1987. Avant cela, c'est celle de Saint-Brieuc sur la commune de Trémuson qui faisait référence.
Géographie humaine
Données générales
Lanloup se trouve dans le département des Côtes-d'Armor, anciennement appelé Côtes-du-Nord (décret de redénomination du 8 mars 1990).
Les gentilés sont les Lanloupais et Lanloupaises.
Lanloup fait parti de l'académie de Rennes, en zone de vacances scolaires B.
Son code postal est 22580. Son code Insee est le 22109. L'indicatif téléphoniques des lignes fixes est le 02 96.
Urbanisme
Lanloup couvre une superficie de 245 ha pour une élévation moyenne de 52 m.
Cette superficie couvre une occupation biophysique des sols qui est de 84,7 % en 2018, une légère baisse par rapport au chiffre de 95,6 % de 1990. Les chiffres de 2018 donnent une répartition de : zones agricoles hétérogènes (52,8%), terres arables (31,9%), zones urbanisées (10,9%), forêts (4,4%).


Photo © Vincent Meurzec
Démographie
Lanloup  a toujours été un petit village depuis la Révolution puisque ne dépassant de peu les 500 habitants que sur une période de 70 ans (1821-1891). L'évolution de la population peut se schématiser grâce aux recensements comme suit  (LDH/EHESS/Cassini jusqu'en 1999 ; Insee depuis 2006) :
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
347402403514552559573586552
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
544527502500593611503507460
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
448451444369383377391396358
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2011
2016
331284236209195214261265230
2017
20182019202020212022


222215210201193185


Pour la période moderne, la population est passée de 284 habitants en 1968 à 185 habitants en 2022, soit une évolution de presque -35 % en 54 ans. Après le léger regain des années 2000, sans doute due à l'attractivité du prix du , encore très compétitif pour la région à ce moment-là, cette tendance à la baisse se poursuit depuis quelques années. Ceci s'explique essentiellement par la situation de Lanloup par rapport aux communes voisines, notamment en ce qui concerne l'absence de commerces de proximité, la fréquence espacée du seul service de transport en commun effectuant la liaison Saint-Brieuc / Paimpol, et n'offrant plus de bus passé 18 heures, donc peu utile pour les actifs, ainsi que l'absence d'un établissement scolaire pour le primaire depuis 1981. À ce propos, l'Amicale laïque fondée en 1951, qui rassemblait les anciens élèves, parents et amis de l'école publique, a entériné sa dissolution le 31 décembre 2017, reflet d'une population vieillissante.
Répartition par sexe et par tranches d'âge
En 2022, Lanloup compte 52% de femmes et 48% d'hommes.
Les dernières données indiquent que 90 habitants sont mariés, 8 habitants sont pacsés et 5 habitants vivent en union libre. 19 habitants sont divorcés, 20 habitants sont veufs ou veuves, et 46 habitants de 15 ans ou plus sont célibataires.
Pyramide des âges selon les données de 2016 pour une population totale de 230 habitants. Cliquez pour agrandir le tableau.


Ménages et catégories socio-professionnelles
Le nombre de ménages à Lanloup s'élève à 114.
50 d'entre-eux ne comptent qu'une personne, 48 en comptent 2, 8 ménages sont au nombre de 3, et 8 ménages comptent 4 personnes.
Enfin, les chiffres des catégories socio-professionnelles de la population parmi les personnes en âge de travailler sont :
15 personnes sont artisans, commerçants ou chefs d'entreprise.
10 personnes sont cadres ou professions intellectuelles supérieures.
37 habitants sont de professions intermédiaires.
27 habitants sont employés.
12 habitants sont ouvriers.
61 habitants sont retraités.
36 habitants sont sans activité.

Carte postale des années 70 © les Éditions du Gabier
État du parc immobilier en 2022
Résidences principales
Sur les 115 logements occupés au titre de résidences principales par les ménages, 91 ménages en sont propriétaires et 22 sont locataires. Cela représente un taux de propriétaires de 79 %, le taux de propriétaires est en hausse sur 5 ans, il était alors de 76 %.
Il y a 222 maisons individuelles à Lanloup. Le nombre de maisons individuelles a baissé de -5% en 5 ans, soit 11 maisons de moins.
Il existe 20 appartements à Lanloup. Le nombre d'appartements est en hausse de 25% sur 5 ans, soit 4 nouveaux appartements.
Sur 50 ans, le nombre de logements est passé de 155 en 1968 à 242 en 2018. Soit une évolution moyenne annuelle de 2 nouveaux logements.
Sur une période plus courte de 10 ans, l'évolution du nombre de logements annuel est en baisse de -1 logements chaque année.
Les données suivantes concernent les 115 logements de Lanloup occupés au titre de résidence principale. La taille moyenne des logements en résidence principale est de 5 pièces, 1 logement de 1 pièce, 8 logements de 2 pièces, 16 résidences principales de 3 pièces, 34 logements de 4 pièces et enfin 56 logements de 5 pièces ou plus.
99% des résidences principales disposent d'une salle de bain avec baignoire ou douche, 30% ont un chauffage central individuel, 47 % ont un chauffage individuel éléctrique. 97 ménages ont au moins une place de parking alors que 104 ménages disposent au moins d'une voiture. 61 ménages disposent d'une voiture et 43 ménages ont deux voitures ou plus.
Résidences secondaires
47% des logements de Lanloup sont occupés comme résidence secondaire. Soit un total de 114 résidences secondaires. Il y a moins de résidences secondaires sur 5 ans, la baisse est de -7%, soit 9 résidences secondaires de moins.
5% des logements de Lanloup sont vacants, c'est-à-dire proposés à la vente ou à la location, en attente de succession, ou sans affectation précise. Soit un total de 12 logements vacants. Le nombre de logements vacants est en hausse sur 5 ans de 71%, soit 5 logements vacants de plus.
Mobilité des ménages et lieu de travail
Les ménages vivant à Lanloup ont emménagé depuis 11 ans, en moyenne. Chaque année, en moyenne, 6 ménages emménagent à Lanloup. Il y a moins de ménages a emménager chaque année à Lanloup depuis 5 ans, la baisse est de -29%. 12 ménages avaient emménagé depuis moins de deux ans en 2018, contre 17 en 2013. 14 ménages ont emménagé depuis 2 à 4 ans, 26 ont emménagé depuis 5 à 9 ans, 25 ménages vivent à Lanloup depuis 10 à 19 ans, 16 vivent à Lanloup depuis 20 à 29 ans, 22 ménages habitent Lanloup depuis 30 ans ou plus.
17 % des personnes travaillent sur le territoire de Lanloup, 78% des personnes travaillent dans une autre commune du département, 6% des personnes travaillent dans une autre région.
Vous pouvez également consulter les sites suivants pour obtenir plus informations :
Mairie de Lanloup - http://www.lanloup.bzh
Article Wikipédia sur Lanloup - https://fr.wikipedia.org/wiki/Lanloup
Description des monuments principaux - http://docarmor.free.fr/valarmor/valouest/lanloup1.htm

Maires de Lanloup
Yannick Le Bars - 2014, réélu en 2020
Louise-Anne Even - 2008 à 2014
Hubert Blanchard - 1995 à 2008
Louise-Anne Even - 1983 à 1995
Jean Le Gall - 1977 à 1983
Yves Lejean - 1971 à 1977
Jean Le Gall - 1959 à 1971
Joseph Quéhec - 1953 à 1959
Ernest Rivoallan - 1945 à 1953
Henri Gazengel - 1938 à 1945
Pierre Le Cornec - 1884 à 1938
François Pierre - 1880 à 1884
François Le Cornec - 1864 à 1880
Pierre Le Cornec - 1848 à 1864
Jacques Bittoré - 1830 à 1848
Jean-Marie Trébouta - 1821 à 1830
Jacques Le Meur - 1815 à 1821
Jean Le Saux - 1801 à 1815
François Luce - 1800 à 1801
Joseph Le Mesle - 1797 à 1800
Pierre Guézou - 1796 à 1797
Gilles Menguy - 1794 à 1796
Guillaume Sallou - 1792 à 1794
Claude Le Cornec - 1790 à 1792
Note : Claude Le Cornec, premier maire, est élu le 5 février 1790. Il est assisté de deux adjoints, appelés officiers municipaux, Pierre Geffroy et François Le Bitter. Ce même jour, un procureur est désigné, Maître Alain Dieupart. Il est assisté de 6 notables et 4 suppléants pour l'instruction des affaires pénales. En octobre 1792, le recteur de l'église Saint-Loup, Guillaume Sallou, est nommé maire. Sous la pression de la population, il démissionne de son poste en 1794 et se réfugie à Lanvollon où il se marie et termine sa vie.
Avant 1800, les maires sont appelés officiers publics à la Révolution, puis agents municipaux à partir de 1794. Les premières élections se font au suffrage censitaire. À partir de 1800, le terme maire est employé mais ce sont les préfets qui nomment le maire parmi les conseillers municipaux élus des communes de moins de 5 000 habitants, nombre ajusté à moins de 3 000 à partir de 1831 et jusqu'en 1848. De 1848 à 1852, le suffrage universel fait son apparition, jusqu'au retour des nominations par le préfet de 1852 à 1871, toujours pour les communes de moins de 3 000 habitants. À partir de 1871, le mode d'élection au suffrage universel est tel qu'on le connaît aujourd'hui, jusqu'à l'élection municipale de 1945 qui voit les femmes voter pour la première fois le 29 avril.
La sépulture où repose Pierre Le Cornec mentionne qu'il fut chevalier de la Légion d'honneur (nommé en 1927) et maire de Lanloup de 1884 à 1938. Cette très longue mandature de 54 ans le positionne à la 24ème place ex aequo dans la liste actuelle des maires de France ayant servi leur commune le plus longtemps.
Je salue également ici Célestine Gestin (née Le Cavorzin), toujours « bon pied-bon œil » malgré son grand âge au moment où j'écris ces lignes, qui fut secrétaire de mairie pendant de longues années après-guerre.
Le site de la mairie permet de lire le bulletin communal trimestriel ainsi que les comptes-rendus du Conseil municipal.
Histoire
Pour plus d'information sur l'histoire locale, je vous conseille de consulter les Carnets du Goëlo, publication de la Société d'études historiques et archéologiques du Goëlo (SEHAG), société savante dont l'objet est de recenser, rechercher, sauvegarder et faire connaître tout document, objet ou monument relatif à l'histoire et à la préhistoire des cantons de Paimpol, Lanvollon, Plouha, Pontrieux, Plouagat, Chatelaudren, Étables-sur-Mer et des communes de Binic, Plérin et Trémuson, c'est-à-dire le Goëlo historique. Site Web ici.
En ce qui concerne l'histoire, celle de Lanloup est suffisamment illustrée par divers ouvrages et sites Web pour ne pas vouloir réinventer la roue. Je me contente donc d'un paragraphe sur l'église Saint-Loup et de commenter quelques aspects de l'histoire du bourg. Pour le reste, le lecteur pourra trouver de nombreuses sources d'information en consultant l'article très complet de René Couffon (dont la description de l'église est extraite), le livre d'Alain Le Nerrant sur la période de la Révolution infra, ainsi que les deux sites de Jean-Yves Rolland ci-dessous, le clic de la souris ouvrant une nouvelle fenêtre :
Quelques notes sur Lanloup - http://gallica.bnf.fr
Blog de Jean-Yves Rolland (beaucoup à lire) - http://lanloup.over-blog.com
Histoire de Lanloup sur Info Bretagne - http://www.infobretagne.com/lanloup.htm
Article de Roger Courland sur Lanloup - Ouest-France, 1989.

Église Saint-Loup, classé au Monuments Historiques en 1910
L’église de Lanloup est de style gothique et date du XVe siècle, sans que l’on connaisse la date exacte de son édification. Elle fut remaniée plusieurs fois au XVIIIe siècle. Le porche sud construit vers 1550 à l’emplacement de l’ancienne chapelle dédiée à saint Gilles abrite les statues des douze apôtres avec leurs attributs. Les quatre évangélistes sont disposés aux quatre coins, reconnaissables par leurs attributs du tétramorphe. Une vierge polychrome du XIVe siècle domine la porte d’entrée de l’église. Ce porche est surmonté de la chambre du conseil de fabrique. À l’extérieur, le porche est orné par un double bandeau de feuillage surmonté d’une niche abritant la statue de saint loup. De part et d’autre des deux contreforts qui soutiennent le porche siègent les statues de saint Loup à gauche et saint Gilles à droite. Le porche a la particularité de posséder des « boîtes à chef », appelées aussi « boîtes à crâne », contenant les crânes de personnalités de la paroisse. Cette tradition destinée à honorer la mémoire de défunts importants fait suite à l’interdiction d’inhumation dans le sous-sol des églises, comme c’était le cas depuis le moyen-âge, prise le 16 août 1719 par arrêté du parlement de Bretagne dans le but de limiter la propagation des épidémies.
Le calvaire, initialement du XVIe siècle fut restauré en 1758 comme l’indique une date gravée sur le fût. Il représente le Christ en croix entre Marie et saint Jean.
L’intérieur de l’église recèle une statuaire riche et abondante. Cette collection bénéficia du transfert de statues issues de la désaffection de la chapelle Sainte-Colombe, aujourd’hui restaurée. L’église dispose d’une nef, d’un transept et de deux chapelles latérales, dont une abrite les fonts baptismaux en granit. Le maitre-autel est entouré d’un retable du XVIIIe siècle où figurent les statues de saint Loup et de saint Gilles de part et d’autre d’un tableau de Jésus prêchant à la foule. saint Yves et saint Nicodème sont également présents de chaque côté de l’autel. Dans l’église sont visibles les statues anciennes de saint Guillaume (évêque), saint Blaise, saint Yves, saint Mathurin, sainte Anne et celles plus récentes de saint Joseph, Notre-Dame de Lourdes, saint Antoine de Padoue, le Sacré-Cœur, la Vierge et l’Enfant, sainte Thérèse de Lisieux, Notre-Dame de Bon Voyage. Dans la chapelle du Rosaire, les statues de sainte Apolline et saint Éloi trônent sur le retable et par ailleurs sainte Bernadette est représentée.
Issues de la chapelle de Sainte-Colombe, les statues de sainte Colombe et de saint Therizien ont rejoint l’édifice. La statue de saint Therizien (ou saint Therezien) en bois polychrome du XVIIe siècle est unique en Bretagne et fut vraisemblablement commanditée par un recteur de Lanloup portant le nom de famille Therezien, courant dans la région du Goëlo. Ce saint d’origine Galloise est mentionné comme évêque du Yaudet au VIe siècle.
L’église possède des tableaux remarquables dont celui représentant une crucifixion, daté de 1634 et attribué à Georges Le Tourneur, où figurent l’effigie des donateurs le seigneur Guillaume de Lanloup et sa femme Françoise du Perrier. Ce tableau est classé monument historique depuis 1911.
Les vitraux sont abondamment colorés et représentent sainte Colombe et saint Loup, saint Mathurin et saint Roch, le baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste et l’œil de Dieu.
Note : les cloches de l'église (350 et 500 kg) ont bénéficié d'une restauration fin 2019, effectuée par l'entreprise Alain Macé de Trégueux avec une réparation des anses et un sablage au Pays-Bas. La plus petite fut fabriquée à Villedieu-les-Poêles à la fonderie Cornille-Havard en 1951, la plus grosse datant de 1853, fondue à Morlaix par l'entreprise Briens père et fils.
Points saillants
Lanloup possède son blason qui se lit D'azur aux six annelets d'argent ordonnés trois, deux, un. Si l'azur est évident pour rappeler la mer, je ne peux dire pourquoi six annelets. En héraldique, les annelets se retrouvent souvent en nombre. Leur symbolique est qu'ils représentent les anneaux des anciens chevaliers en tant que marque de grandeur, de noblesse et de juridiction. Ce blason ancien se retrouve sur le porche de l'église de Lanloup, mais aussi sur une tombe aux armes des seigneurs de Lanloup à Trégomeur, ainsi que sur les armes de Guillaume de la Noë, sieur de La Ville-Cades.

Un trait remarquable de Lanloup est sans nul doute l'existence du plus ancien registre paroissial sur parchemin de tout le département des Côtes-d'Armor (photo © Jean-Yves Rolland), mais aussi le troisième plus vieux de France après ceux de Givry en Saône et Loire (1303-1357) et de Roz-Landrieux en Ille et Vilaine (1451-1528). Le premier feuillet consacre un acte de baptême du 24 août 1467 et le dernier feuillet date de 1505. Les fascicules suivants reprennent les notifications d'acte de baptême en 1580, le curé de l'époque, François Le Cornec, menaçant d'excommunication toute personne impie n'en prenant pas soin en page de garde ! Elles sont ininterrompues jusqu'à la Révolution lorsque l'état civil devient alors la responsabilité des communes, les premiers enregistrements conservés des mariages, naissances et décès pour Lanloup datant de 1793, signés par Guillaume Sallou, deuxième maire du village et également son curé.
L'acte du 24 août 1467 n'est pas entièrement lisible par suite du mauvais état de ce premier feuillet. En revanche, l'acte suivant du 25 août peut être retranscrit, sa forme se répétant d'un bout à l'autre du registre :
« Theoffania, filia naturalis et legitima Yvonis le Sant et Marie Rollandi sue uxoris, de parochia de Plouaha, Briocensis diocesis, fuit per me Guillelmum Mat, presbiterum et curatum de Lanloup, in eglisia ejusdem loci de Lanloup, die et anno infrascriptis, baptizata, et tenuerant eam ad sacros fontes et fuit compater Robertus Pezoni, et commatres fuerunt Theoffania le Picart et...(prénom de la seconde marraine illisible) le Manach. Datum et actum die martis vicesima quinta mensis augusti, anno Domini millesimo cccc⁰ sexagesimo septimo. (Signé :) G. Mat, presbiter. ».
[Est baptisée Théophane, fille naturelle et légitime d'Yvon Le Saint et Marie Rolland son épouse, de la paroisse de Plouha, diocèse de Saint-Brieuc, par moi Guillaume Mat, prêtre et curé de Lanloup, dans l'église également du lieu Lanloup, en ces jour et année inscrits ci-dessous, et l'ont ainsi tenue et parrainée le parrain Robert Pezon et les marraines Théophane Le Picart et (prénom illisible) Le Manach. Daté et ainsi fait ce jour de mardi vingt-cinquième du mois d'août, année sainte mille-quatre-cent-soixante-sept. G. Mat, prêtre.]
Vu le rôle joué par les parrains et marraines, et la faible espérance de vie au Moyen Âge, il est de coutume à cette époque de donner deux parrains et une marraine aux garçons, et deux marraines et un parrain aux filles.
Au niveau de l'étymologie, les différents actes de ce registre mentionnent soit Lanloup, soit Saint-Loup (Sanctus Lupus). Quant à Plouha, on retrouve dans ce latin moyenâgeux tantôt Plouaha, tantôt Plouazha. L'étymologie de cette dernière semble provenir du nom du chef des émigrants gallois qui fondent la paroisse (ploe/ploue) au Ve et VIe siècle et qui se serait appelé Adda (Adam en gallois), Aza ou Azha.
C'est René Couffon (1888-1973), spécialiste du patrimoine bas-breton, né à Lorient mais dont la famille était originaire de Plouha, qui signala ce caractère remarquable en 1924. En 1925, son article Quelques notes sur Lanloup est publié dans la revue Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, vol. 56 (1925), pp. 34-104, consultable sur Gallica (URL ci-dessus) dont il fut vice-président. L'année suivante, à la requête de François Merlet, conservateur, le conseil municipal prit la décision de confier ce registre aux archives départementales dans sa délibération du 1er août, avec un transfert effectif en 1927. Ayant acquis une renommée nationale et utilisé pour certaines expositions dont celle au palais Soubise intitulée Histoire de l'état civil du XVe au XIXe siècle en 1959, il fit l'objet d'une restauration très soignée et à l'identique des techniques du Moyen Âge en 1987 sous l'égide d'Alain Droguet, alors directeur des archives départementales. Notons que le maire en 1926 est Pierre Le Cornec, tandis que curé en 1580 s'appelle François Le Cornec et le premier maire de l'époque révolutionnaire, Claude Le Cornec. Une longue histoire entre Lanloup et la famille Le Cornec ! René Couffon poursuivit son étude de la région avec Quelques notes sur Plouha publiées en 1929, qu'il est également possible de consulter en ligne sur Gallica ici.

Dessin de René Couffon réalisé lors de sa villégiature à Bréhec en 1924
La Grande guerre
M. Guinard, que l'on retrouve dans L'Ouest-éclair nommé instituteur à Lanloup en 1910, écrit une note en juillet 1919 sur l'histoire locale de la guerre en fiches thématiques (© AD 22, côte 1 T 402). Il raconte la vie à Lanloup durant de ces années et mentionne les blessés et ceux tombés au champ d'honneur natifs du bourg, des noms bien connus tels Le Bitter, Le Cornec, Allainguillaume, Ollivier, Le Boubennec, Menguy... Cliquer sur chaque image pour l'afficher en grand, puis afficher plein-écran ou zoomer avec les icônes de droite pour en faciliter la lecture si besoin est.
Pour la Bretagne des cinq départements, le nombre de morts et de disparus s'élève à 130 813, soit 22% des mobilisés.
Après la Première guerre mondiale, un monument aux morts fut érigé devant la chapelle Saint-Roch, puis inauguré le dimanche 23 avril 1922. L'hebdomadaire Le Moniteur des Côtes-du-Nord du 29 avril rapporte : « M. l'abbé Guézou, recteur, a chanté la grand'messe. M. l'abbé Lec'hvien, vicaire à Plouézec, un combattant de première ligne, a prononcé un beau discours breton glorifiant les morts de la commune. L'absoute solennelle a été donnée par M. le curé-doyen de Plouha. Après la messe a eu lieu l'inauguration du monument. Des discours fort applaudis ont été prononcés par MM. Le Cornec, maire; Epert, président d'une association locale; Le Calvez, conseiller d'arrondissement; Jouvelin, conseiller général et Victor Le Guen, député. Un banquet, auquel assistaient tous les maires du canton, a été ensuite parfaitement servi chez M. Jégou, au bourg. ».
Émile Hamonic en prend un cliché vers la fin des années 20 (référence 7625).
Sa structure est celle d'un pilier commémoratif sous forme d'obélisque sur socle, pot à feu au sommet, feuilles de laurier entrecroisées, croix latine et entourage de bornes avec barres. Le matériau utilisé est le granite.
Y figure l'inscription À nos enfants morts pour la patrie.
Les noms commémorés en lettres rouges sur plaque de granite gris foncé sont:
BOLLOCH Jean François
BOUBENNEC Joseph
BROCHER Joseph
CALVEZ Jean
EOUZAN Auguste
GÉRARD Eugène
GÉRARD Pierre
JAME Jules
JÉGOU François
LE BITTER Joseph
LE BITTER Édouard
LE CORNEC Yves
LE CORNEC François
LE CORNEC Joseph
LE COZ Allain
LE ROUX Pierre
LE ROY Jean
OLLIVIER Pierre
PIERRE Jean
TANGUY François
Une plaque de marbre blanc et lettrage en rouge commémore les quatre tués ou disparus au cours de la Seconde guerre mondiale:
BITTER Ange
GUYOMARD Jean
LE CORNEC Joseph
QUÉHEC Joseph (fiche au Mémorial national des marins morts pour la France ici)
L'arrivée du téléphone
C'est une carte postale d'Armand Waron, ci-dessous, du début des années 30 (1931 d'après mes recherches et la circulation avérée) qui m'a intrigué car l'exemplaire trouvé doit représenter la première carte publicitaire de Bréhec.

Elle existe également sous la même référence mais sans la mention « offert par l'Hôtel de la Plage ». Comme vous le voyez, le numéro de téléphone de l'hôtel est le 1 à Lanloup ! J'ai donc consulté les journaux de l'époque et je suis tombé sur une coupure de presse qui me permet de dater précisemment la date de l'arrivée du téléphone à Lanloup. L'article paru dans L'Ouest-éclair du 16 août 1923 annonce :
Le double service télégraphique et téléphonique fonctionnera à Lanloup, à Buhulien et à Couennec, à partir du 16 août 1923. La taxe de 0 fr. 50 pour les conversations; 0 fr. 75 pour les avis d'appel; 1 fr. 50 pour les messages, sera applicable dans les relations entre :
1⁰ Lanloup, d'une part; Plouha, Pléhédel, Etables, Binic, Saint-Quay, Plourhan, Paimpol, Bréhat, Plouézec, Ploubazlanec, Loguivy-Ploubazlanec, Plourivo et Yvias d'autre part;
2⁰ Buhulien et Caouennec, d'autre part; Lannion, Rospez....(NDLR : liste d'endroits) d'autre part.
À cette époque, le service requiert l'existence d'un standard et d'un opérateur ou d'une opératrice, puisque le premier central téléphonique automatique est mis en service à Paris en 1928, exemple que la province ne suivra que beaucoup plus tard. À cette occasion, on installe chez les particuliers le premier appareil pourvu du cadran rotatif à dix trous ronds qui permet de composer les numéros, lesquels comportent des lettres, sauf sur le 1, afin de faciliter l'identification des trois premières lettres du central. Ainsi, celui des Invalides, INV, a le numéro d'indicatif 468, et l'abonné reçoit 1, 2, 3 puis 4 chiffres pour son numéro personnel au fur et à mesure des attributions. Pendant longtemps, on demande alors à l'opérateur le numéro « Invalides 1-2-3-4 » pour être mis en rapport avec l'abonné.
Au niveau de Lanloup, le téléphone est donc encore cet objet simple qui ne comporte qu'un microphone et un écouteur, un levier qui permet de décrocher/racrocher, et une cloche électromécanique de signal d'appel. L'ouvrage de Pierre Aulas, Les origines du téléphone en France : 1876-1914, Association pour le Développement de l'Histoire Économique, 1999, mentionne page 228 que « la grande majorité des centraux se trouvaient dans les campagnes et étaient de dimensions extrêmement réduites, généralement une table avec un jeu de fiches disposées au-dessus. Le rôle de la téléphoniste était rempli par le postier ou sa femme, voire même par le petit quand les parents étaient occupés ailleurs. ». Lanloup n'ayant pas de bureau de poste, c'est dans un café depuis longtemps disparu, le Débit de Boissons Veuve Mevel que fut installé le premier central téléphonique. Jusqu'à l'installation de la cabine et le transfert du central au Café de la Place chez Madeleine Le Pape, lorsqu'elle reprend le commerce en 1960/61, tenu auparavant par Madame Le Banner (elle-même succédant à Madame Thomas), c'est Marie Mevel (née Kernavanois) qui fait office de « demoiselle des P et T ». Ce café se situait en face l'ancienne boucherie de Jean Le Gall, mitoyen avec l'épicerie de Thérèse Menguy et le magasin du cordonnier/sabotier François Guyomard (qui était également sacristain). Le café deviendra une charcuterie quelques temps, qui fera faillite, et le bâtiment laissé à l'abandon finira par être détruit.

Carte postale des éditions Combier, édition Veuve Mevel, circa 1928-1932
Les souvenirs des Lanloupais me permettent d'étayer ce paragraphe. Marie Goulier se rappelle que les premiers téléphones installés chez les particuliers le furent en 1964. Véronique Tijana, petite-fille du boucher Jean Le Gall (1907-1988), qui fut également maire de Lanloup, se souvient d'un téléphone sur un gros support mural en bois installé dans la boucherie : « lorsqu'on voulait passer un coup de fil, on tombait sur Madeleine Pape, du café-alimentation, qui faisait suivre l'appel » (NDLR : la tradition est de ne pas prononcer le « Le » du patronyme). Pascal Quéhec, également petit-fils d'un ancien maire de Lanloup, Job Quéhec (1889-1965), se souvient qu'à la fin des années 60, début des années 70, « il fallait aller chez Madeleine pour passer un appel ou se faire appeler à la cabine téléphonique située à l'entrée du magasin ». Le Café de la Place était également l'endroit qui servait à réceptionner les télégrammes d'embarquement adressés aux marins en congé, une époque où de nombreux Lanloupais travaillaient encore dans la marine marchande. Pascal précise : « Jean Jouan qui habitait au Halte-là faisait le « taxi breton » et se chargeait de les amener à leur port d'embarquement ».
Chose difficilement concevable aujourd'hui pour les jeunes générations, il faut savoir que les statistiques disent qu'en 1974, seul 1 Français sur 7 dispose du téléphone chez lui ! Les publicités de la brochure de 1971 du syndicat d'initiative, Paimpol, pays de Goëlo, indiquent que les numéros de téléphone sont encore entre 1 et 3 chiffres à cette période. Par exemple, les Meubles Jacob, le 3.90; Le Lionnais Marine, le 6.57; les anciens abonnés ayant encore leur numéro à 1 chiffre, comme les Établissements Guillou (cidre), le 3 à Paimpol; ou encore le Grand Hôtel du Port et de Bellevue, le 1 à Bréhat. Pareil pour Plouézec, le libraire, Monsieur Chailleux, ayant le 1.46. C'est le président Giscard d'Estaing qui lance une grande campagne dès son arrivée au pouvoir durant laquelle la France s'équipe massivement et le réseau se modernise. Une fois les centraux téléphoniques devenus automatiques partout, les numéros sont standardisés à 6 chiffres (7 à Paris). Ils passent à 8 chiffres le 25 octobre 1985, avec un indicatif qui attribue deux chiffres aux centraux téléphoniques (96 pour les Côtes-d'Armor), puis à 10 chiffres le 18 octobre 1996 avec le rajout d'un indicatif découpant la France en cinq (02 pour la Bretagne) et l'arrivée du 06 pour les téléphones portables.
Pour en revenir à l'histoire de Lanloup et de Bréhec, l'Hôtel de la Plage est donc le premier établissement à obtenir le téléphone, ce qui correspond à sa classification d'hôtel plus luxueux que les autres établissements de Bréhec à l'époque. Par exemple, il offre à ses clients l'usage d'un court de tennis jusque vers la fin des années 50, début des années 60, là où se trouve le parking des appartements actuels (voir la section 1951-1960 du site) ; une époque où ce sport reste encore un sport élitiste. L'examen des annonces parues dans les journaux permet de déterminer que l'Hôtel de la Maison Blanche reçoit le 2 à Lanloup, tandis que l'Hôtel de la Mer reçoit le 4. Si l'Hôtel de la Plage est équipé d'un téléphone dès 1930, et peut-être même un peu avant, les premières annonces mentionnant le 2 à Lanloup datent de 1937, et celles du 4, de 1939. Je n'ai pas retrouvé de trace du 3 dans les annonces des années 30 publiées par les hôtels Beau Rivage, Guillerm (devenu Bellevue) ou À l'abri de la tempête. Le numéro était peut-être en service à Lanloup, le 3 à Plouha étant celui du Docteur Adam.


Annonce de l'Hôtel de la Mer parue dans le journal L'Intransigent du 4 juin 1939


Annonce de l'Hôtel de la Maison Blanche parue dans le journal L''Aurore du 23 mai 1950
Pour ceux qui souhaitent se pencher plus avant sur l'histoire de Lanloup, je conseille la lecture des sites de Jean-Yves Rolland mentionné supra. Vous y trouverez des billets sur le château Ropartz, la chapelle Sainte-Colombe, celle de Saint-Roch, la fontaine de saint Golven... et plus encore.
Deux ouvrages toujours disponibles ont également été publiés :
Abbé Jean Le Floc'h, Lanloup, un passé, une histoire..., réédition de Jean-Yves Rolland et l'association Mein-Kohz du fascicule original de 1970.
Alain Le Nerrant, Lanmor: Chronique de Lanloup, village de Goëlo pendant la grande Révolution, Impr. du Cicero, mars 1989, ISBN 2-95503504-1-0.

L'ouvrage d'Alain Le Nerrant est en vente au prix de 22 € ; je me renseigne sur les modalités d'achat. Quant au fascicule de Jean Le Floc'h, qui fut curé de la paroisse de 1968 à 1971, sa réédition est disponible au prix de 5 € à la mairie de Lanloup, ou par correspondance en contactant lanloup@live.fr et en ajoutant 2,50 € pour les frais de port. Chèque à l'ordre de Association Mein-Kohz, 6 Run-Ar-Vilin, 22580 Lanloup.
Enfin, la belle église de Lanloup des XVe et XVIe siècles a son histoire relatée dans un fascicule très illustré de 24 pages, Église Saint-Loup, un autre regard, de Danielle et Marcel Gabaud, publié en 2005. J'ignore la disponibilité de cet ouvrage à l'heure actuelle. Que les auteurs prennent contact pour confirmer, s'ils me lisent.

Bibliographie sélective (APA)
Couffon, R. (1925). Quelques notes sur Lanloup. Bulletins et mémoires. Société d’Emulation des Côtes-du-Nord, 56, 34‑104.

Habasque, F.-M.-G. (1832). Notions historiques, géographiques, statistiques et agronomiques sur le littoral du département des Côtes-du-Nord. Vve Guyon.

Le Gonidec, J. F. M. M. A. (1821). Dictionnaire celto-breton ou breton-français. F. Trémeau et cie.

Le Gonidec, J. F. M. M. A. (1850). Dictionnaire breton-français précédé de sa grammaire bretonne. L. Prud'homme.

Le Nerrant, A. (1989). Lanmor : Chronique de Lanloup, village de Goëlo, pendant la grande Révolution. Impr. du Cicéro.

Ogée, J. (1843). Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne (Vol. 1). Molliex.
     
Ogée, J. (1845). Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne (Vol. 2). Molliex.

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